*****
___Garde : " Vous deux ! " Hurla l'un des gardes. " Ecartez-vous sur le champ ! "_____Se séparant à la vitesse éclair, elle jeta un regard froid à celui qui fut son adversaire, avant de quitter la salle de sport. Elle se hâta en direction de sa chambre, et s'adossa à la porte de cette dernière, haletante. Ce qu'elle avait ressenti dans ses bras ... Ce n'était pas naturel, ce n'était pas quelque chose qu'elle pouvait contrôler. Et cela la déstabilisait. Quelle était cette mystérieuse attraction qui la poussait vers lui, 73-896 ? Elle ne le savait pas. Les choses les plus basiques de la vie ne lui ont pas été enseignées. Elle ne savait pas qu'un homme et une femme étaient fais pour s'aimer, elle ne connaissait pas non plus le sens du mot amour. Ce dernier ne faisait d'ailleurs, pas parti de son vocabulaire. S'aspergeant le visage d'eau fraîche, les mouvements désordonnés de son c½ur, retrouvèrent un semblant de calme. Le haut parleur grésilla de nouveau. C'était l'heure des tâches.
_____Sortant calmement de sa chambre, elle se dirigea mécaniquement vers la salle de travail. Tout les « locataires » du centre devaient travailler. Cela faisait parti des règles fondamentales. S'asseyant devant la machine, elle commença son labeur. Tous les jours, elle effectuait la même tâche, inlassablement. Les mêmes gestes répétitifs ... Elle pourrait travailler les yeux fermés. Cependant, un léger picotement sur sa nuque, très désagréable, la fit tourner la tête. Il était là, derrière elle, et l'observait. Haussant un sourcil, qui lui fit esquisser un sourire, elle tourna résolument la tête, et reprit son travail. Ce léger picotement ne la quitta pas durant ses heures de travail. Un léger sourire flottant sur les lèvres, elle se dit que cet homme était un sacré numéro.
_____Au loin, deux gardes surveillaient de près les deux personnages. C'étaient eux, qui, quelques heures auparavant, les avaient séparé. Le patron était formel. Les relations entre individus étaient formellement proscrites. Du coin de l'½il, ils voyaient parfaitement le jeu qui s'établissait entre 73-896 et 52-375, et ce n'était pas pour leur plaire. Il fallait trouver un moyen de les séparer, et rapidement. Autrement, ils perdraient leur travail, et ils ne pouvaient se le permettre. Leurs familles comptaient sur eux. Ce travail était plus que gratifiant. Ils ne
pouvaient pas le perdre.
___Garde : " Il va falloir en parler au patron ", fit-il à son collègue.___Garde : " Oui, on va aller le voir après qu'ils aient fini leur travail. "_____Lorsque le haut parleur grésilla de nouveau, annonçant la fin du temps de travail, elle se leva et quitta rapidement la salle. Pour la première fois de ce que l'on peut appeler son existence, elle éprouva le besoin de faire un petit plongeon. Il voyait là un moyen de se rapprocher d'elle. Se dirigeant à son tour vers les vestiaires, il fut intercepté par un garde avant d'arriver à destination.
___Garde : " Désolé, mais pas de piscine pour toi aujourd'hui. "___73-896 : " Pourquoi ? " Interrogea-t-il, surpris.___Garde : " Tu dois faire une visite médicale, comme tout les nouveaux arrivants. Suis-moi. "_____Retenant un soupir, il suivit le garde pour son plus grand déplaisir. Jetant un regard en arrière, il la vit effectuer un superbe plongeon avant d'entrer dans l'eau. Un sourire amusé flottant sur ses lèvres, il suivit docilement le garde jusqu'à l'infirmerie.
___Infirmière : " Entre, je t'en prie ", fit-elle, en préparant une seringue.___73-896 : " Vous allez me prélever du sang ? "___Infirmière : " Oui. Nous allons nous assurer que tu n'es pas malade. Tu vas devoir rester dans ___Infirmière : cette salle un petit moment. "_____Acquiesçant, il laissa l'infirmière chercher une de ses veines, et lui prélever du sang. Une fois que cela fut fait, elle sortit une seconde seringue. Lui injectant le liquide transparent, elle l'observa attentivement durant quelques minutes. 73-896 se sentait terriblement mal. Tous ses membres s'engourdissaient au fur et à mesure que les minutes passaient.
___73-896 : " Qu'avez ... qu'avez-vous fait ? " Réussit-il à articuler.___Infirmière : " Tu vas dormir un petit peu. Ensuite, le patron décidera de ton sort. "___73-896 : " De ... mon sort ? " Bafouilla-t-il.___Infirmière : " Ne penses plus à rien ... Dors maintenant. "_____Quittant l'infirmerie, la jeune femme adressa un hochement de tête aux gardes, pour lui signifier qu'elle avait mené sa mission à bien. Le patient encombrant était inconscient, et attaché dans l'infirmerie. 52-375 barbotait toujours dans la piscine. Cherchant malgré elle du regard le nouvel arrivant, elle ne le vit pas. Il devait sans doute être dans sa chambre, lassé d'être repoussé. Un léger pincement étreignit le c½ur de la jeune femme. Même s'il était irritant, elle devait avouer que cet homme l'amusait beaucoup. Sortant souplement du bassin, elle se sécha rapidement et se hâta vers sa chambre. Enfilant un uniforme propre, 52-375 pénétra dans la salle principale lorsqu'elle vit un inhabituel attroupement de gardes. Fronçant les sourcils, elle s'approcha à pas de loup. Les gardes étaient penchés sur quelque chose, ou plutôt quelqu'un. Ecarquillant les yeux, elle vit l'homme à qui elle pensait encore peu de temps auparavant, inerte sur le lit.
___Garde : " Ecartes-toi. Tu n'as rien à faire ici. "___52-375 : " C'est un ami ", tenta-t-elle.___Garde : " Peu importe. Tu t'en vas, et tout de suite ", dit-il catégorique. _____Serrant les poings de frustration, elle observa du coin de l'½il les gardes qui emmenaient 73-896. Elle allait sûrement le payer très cher, mais elle les fila. S'esquivant aux yeux des gardes et des autres résidents, elle déboucha sur un escalier qui la menait vers les entrailles du bâtiment. L'emprunter sans hésiter, elle descendit la poignée de marches et déambula dans une succession de couloirs lorsqu'un bruit ou plutôt des voix attirèrent son attention. Suivant les échos, elle se tapit dans l'ombre. Devant elle, trois gardes encerclaient 73-896, qui reprenait peu à peu ses esprits.
___73-896 : " Mais qu'est ce que je fais là ? " Demanda-t-il.___Garde : " Désolé mon vieux, tu n'auras pas vécu longtemps ", fit un des gardes en approchant une ___Garde :seringue de son bras.___73-896 : " Mais ... Lâchez-moi ! "_____Le sang de 52-375 ne fit qu'un tour. Se précipitant sur le garde qui allait le tuer, elle l'assomma d'un habile coup de pied. Attrapant la seringue emplie de poison au vol, elle la planta dans la poitrine d'un second garde, et en vida le contenu. Le dernier garde, plus robuste que ses compères, lui envoya un crochet du droit qui la fit tomber au sol. Imitant 73-896 auparavant, elle fit un croche-pied au garde et lui sauta dessus. S'en suivit une distribution de coups en tout genre. Il envoya valser la jeune femme contre le chariot où se trouvait la seringue précédemment. Saisissant à pleines mains une sorte de bac en ferraille, elle l'abattit de toutes ses forces sur la tête du résistant. S'effondrant dans un bruit sourd, elle laissa tomber l'objet, haletante. Ce dernier l'avait malmené. Malgré ses souffrances physiques, elle détacha rapidement son compagnon.
___73-896 : " Merci ", lâcha-t-il dans un souffle.___52-375 : " On parlera de ça plus tard. Cours ! " Hurla-t-elle en entendant une série de pas retentir.[ 50 commentaires pour la suite. ]
*****